Tout sur le café

La production mondiale

Originaire du Yémen et de l’Éthiopie, le café est aujourd’hui cultivé dans plus de 50 pays de la ceinture tropicale. 25 millions de personnes vivent directement de la culture, mais on estime que 100 millions de personnes sont impliquées dans la filière agricole. 70 % des exploitations font moins de 10 hectares. Cultivé en Amérique latine, en Afrique et en Asie, le café est surtout consommé aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Au début des années 1990, ces trois régions drainaient plus de 80 % des importations.

Deuxième matière première échangée dans le monde (derrière le pétrole) et première matière agricole en volume, le café se tient encore dans les toutes premières places en valeur. De 1996 à 2001, en moyenne 5 millions de tonnes de café ont été exportées chaque année dans le monde sur une production totale de 6 millions et demi de tonnes. Le Brésil, premier producteur est aussi le premier exportateur.

L’année caféière court d’octobre à septembre.
L’unité de référence pour les appréciations en volume est le sac de 60 kg de café vert et pour les appréciations financières, la « livre » anglaise soit 453g.
Le café est un produit agricole soumis à de nombreux aléas : le climat, la productivité par exemple. Aussi, les producteurs de café ont en moyenne besoin de 5 ans pour adapter leurs cultures aux conditions de l’offre et de la demande.
Les prix ont atteint leur plus bas niveau en 2002 ; l’offre dépassait la demande de plus de 5 millions de sacs de café vert (équivalent à la consommation annuelle de la France) ! Depuis mi-2006, les cours du café sont repartis à la hausse.

« L’année caféière 2005/2006 a vu la consolidation lente mais régulière du processus de reprise des prix après la crise qu’ont connu les cours du café de 2000 à 2004. La moyenne du prix indicatif composé de l’OIC pour l’année caféière 2005/06 a été de 91,44 cts US$ la livre, par rapport à 85,30 cts en 2004/05 [.]. Le marché mondial du café est maintenant dans un état d’équilibre virtuel de l’offre et de la demande, même si un déficit de l’offre est prévu pour 2007/08 [.]. La production a diminué dans plusieurs pays exportateurs durement frappés par la longue période de baisse de niveau des prix. La consommation reste soutenue, ce qui accroît la pression sur les stocks qui se trouvent à leur plus bas niveau depuis plusieurs années, notamment dans les pays exportateurs, même si les pays importateurs possèdent encore des stocks confortables [.]. »

Cette tendance haussière évoquée par Nestor Osorio dans la rétrospective annuelle 2006 de l’Organisation Internationale du Café dont il est le Directeur exécutif, se poursuit.
Les premiers mois d’observation de 2007 confirment une forte tension sur les approvisionnements qui entraîne une hausse significative et durable des cours. Les robustas ont atteint en juin 2007 leur plus haut niveau depuis juin 1997 avec 84,82 cts US$ la livre. Cette augmentation est liée en grande partie à des problèmes d’approvisionnement de robusta de qualité. Une partie des importations des robustas du Vietnam a été rejetée à l’entrée des ports européens car ces cafés ne correspondaient pas aux exigences de qualité pour ce marché. Les autorités du Vietnam ont annoncé des mesures plus strictes de contrôle de la qualité d’exportation des cafés en provenance de ce pays.
En ce qui concerne les arabicas, la hausse se poursuit lentement mais sûrement. Puisant sur leurs stocks les pays exportateurs et en particulier le Brésil ont pu faire face à la demande à la fois intérieure mais aussi d’exportation.
Sur les 9 premiers mois de l’année caféière (octobre 2006 à juin 2007) le total des exportations est en augmentation de 14,45% par rapport à la même période l’année précédente.
La consommation intérieure du Brésil a augmenté de presque 7%.
On enregistre des hausses de consommation intérieure importantes dans de nombreux autres pays producteurs et notamment l’Inde mais aussi le Costa Rica, l’Éthiopie, l’Ouganda et l’Indonésie.