Tout sur le café

Anecdotes historiques

Le développement de la culture du café à travers les siècles et les continents est une véritable épopée, une histoire de voleurs et de navigateurs !

Du confinement en Arabie à l’Inde (XVIIè siècle)

Très jaloux de leur café, les Arabes en interdisaient l’exportation. Dés qu’ils comprirent l’intérêt de le vendre aux Occidentaux, ils en débutèrent le commerce en prenant toutefois bien soin d’en ébouillanter les graines afin de tuer l’embryon et d’éviter ainsi la replante.
Au XVIIème siècle, le pèlerin hindou, Bada Budan, réussit à sortir d’Arabie 7 cerises de café. Rentré en Inde, il planta ses semences devant sa hutte à Chickmaghur, dans les montagnes de Mysore. C’est ainsi, avec seulement 14 graines, que l’Inde devint le premier producteur de café au monde, au XIXè siècle.

La Razzia des Hollandais (1690)

Le commerce des épices et autres produits exotiques donnait lieu à une lutte féroce entre commerçants européens, chacun voulant obtenir le monopole…
En 1690, le Hollandais Nikolaus Witten accosta avec sa caravelle sur les côtes de Moka, débarqua une quarantaine d’hommes qui firent une véritable razzia dans une plantation de café, cueillant le plus de cerises possible et arrachant de jeunes pousses.
Ils embarquèrent leur précieux butin et plantèrent les graines volées aux Indes Néerlandaises où elles proliférèrent.
De là, un arbuste fut envoyé en Hollande, au botaniste Commelin. Maintenu à une température de 18°/25°C, l’arbre planté en serre au Jardin Botanique d’Amsterdam poussa parfaitement ; il fleurit et donna des graines.
En 1714, les Hollandais purent ainsi planter les premiers caféiers en Guyane hollandaise et au Surinam.

Les plants de café offerts au roi de France (1713)

Sous Colbert, la France comprit tout l’intérêt que ses colonies pourraient retirer de la culture du café.
En 1713, à l’occasion de la paix d’Utrecht, le maire d’Amsterdam offrit 4 caféiers à Louis XIV qui les confia au conservateur du Jardin des Plantes, à Marly.
Le dit Jussieu les mit en terre et les développa ; les caféiers furent officiellement présentés le 29 juillet 1714. Ils mesuraient 1,60 m et leur tronc affichait un diamètre de 2,7 cm !

Le dévoué Gabriel de Clieu (1721)

En 1721, un capitaine d’infanterie en garnison à la Martinique, Gabriel Mathieu de Clieu, demanda que lui soit confié des caféiers pour les planter dans l’île.
Il obtint satisfaction, et partit avec deux arbres calés dans une caisse de chaîne recouverte d’un châssis faisant office de serre.
La traversée fut mouvementée…
Un marin, d’origine hollandaise, chercha à détruire l’arbre mais ne parvint qu’à en arracher une branche. Clieu surveilla alors constamment son bien, dormit à ses côtés et obtint que le marin soit débarqué à Lisbonne.
Au large de Madère, ce fut au tour de pirates de tenter l’abordage.
L’équipage se défendit ; Clieu décapita même le chef des corsaires !
Une galère espagnole arriva à la rescousse et la traversée put reprendre. Le périple n’était pas terminé…
Aux abords de la Martinique, une terrible tempête éclata. Le navire était en péril ; on jeta par dessus bord tout ce qui pouvait l’alourdir hormis l’un des deux arbres, évidemment.
A la tempête, comme souvent dans ces régions, succéda le calme plat. Pas un souffle d’air. Sous la chaleur devenue accablante, l’eau venant à manquer à bord, Clieu partagea sa ration d’eau avec le caféier.

Gabriel de Clieu partageant sa ration d’eau avec le caféier.

Ayant enfin touché terre, il planta son arbuste ; un arbuste à l’origine d’une nombreuse descendance …
L’histoire finit bien puisqu’en récompense de ses loyaux services aux îles, Clieu fut nommé gouverneur de la Guadeloupe en 1730.

Au large de Madère, ce fut au tour de pirates de tenter l’abordage.
L’équipage se défendit ; Clieu décapita même le chef des corsaires !
Une galère espagnole arriva à la rescousse et la traversée put reprendre. Le périple n’était pas terminé…
Aux abords de la Martinique, une terrible tempête éclata. Le navire était en péril ; on jetta par dessus bord tout ce qui pouvait l’alourdir hormis l’un des deux arbres, évidemment.
A la tempête, comme souvent dans ces régions, succéda le calme plat. Pas un souffle d’air. Sous la chaleur devenue accablante, l’eau venant à manquer à bord, Clieu partagea sa ration d’eau avec le caféier.
Ayant enfin touché terre, il planta son arbuste ; un arbuste à l’origine d’une nombreuse descendance …
L’histoire finit bien puisqu’en récompense de ses loyaux services aux îles, Clieu fut nommé gouverneur de la Guadeloupe en 1730.

Le Lieutenant Colonel portugais et la femme du gouverneur

Les Portugais, installés dans ce qui devait devenir le Brésil, dépêchèrent le lieutenant colonel Francisco de Melo Palheta comme ambassadeur auprès de monsieur d’Orvilliers, gouverneur de la Guyane, officiellement pour débattre du tracé des frontières entre les deux territoires, en réalité pour obtenir quelques graines de café.
Le gouverneur invita le colonel à déjeuner mais lui refusa les quelques graines au nom de l’interdiction du gouvernement français.
Passé au jardin, en fin de repas, le diplomate portugais offrit son bras à madame d’Orvilliers…
Sans doute était-il séduisant puisqu’en passant près d’un caféier, cette dernière lui donna quelques cerises en lui murmurant à l’oreille que si le gouvernement français l’avait interdit à son époux, il ne lui avait pas interdit à elle !
Voilà comment le Brésil fut couvert de caféiers d’origine française…

Les pénitents colombiens (XVII ème siècle)

L’histoire des plantations colombiennes est encore plus rocambolesque. Les dirigeants du pays incitaient leurs paysans à planter du café. Ceux-ci s’y refusaient. Un caféier met 5 ans à donner sa première récolte, or, comment vivre pendant tout ce temps …
Francisco Romero, brave curé du tout petit village de Salazar, eut une idée : au lieu d’infliger à ses ouailles venues à confesse des Pater ou des Ave, il les condamnerait à planter 3 ou 5 caféiers.
L’évêque, séduit par cette idée, généralisa la méthode.
La Colombie doit ainsi sa richesse aux pêchés de ses enfants !

Comment la passion du café est-elle
venue à l’Italie ?

Les bateaux chargés de marchandises s’arrêtaient dans les ports de la Méditerranée avant de rejoindre leurs destinations finales. Lorsqu’ils abordaient à Gène ou Venise, en provenance directe des ports d’embarquement, une partie du café, qui n’était pas encore préparé en sac mais jeté en vrac à fond de cale était déchargé. C’est celui qui avait été exposé au sel, à l’eau et au vent qui venait le premier et était consommé sur place. Il fallait le torréfier et l’extraire en conséquence, afin de pallier le goût parfois altéré.
Le meilleur de la cargaison partait vers les ports du nord de l’Europe pour être déchargés et consommés en Hollande et en Allemagne.
Au retour, les bateaux faisaient escale à Naples, dernier port, où le fond de cale était raclé. Les moins bonnes qualités de cafés devaient alors être torréfiés intensément pour masquer le goût fort et amer.
Ainsi, les Italiens ont-ils développé leur imagination pour torréfier, extraire et préparer le café afin d’en tirer le meilleur malgré des qualités qui laissaient trop souvent à désirer !

Les conquêtes du XX ème siècle

Aujourd’hui, à l’heure où des pays croulent sous la surproduction, la conquête du monde par le café n’est pas terminée. Des pays comme le Viêt-Nam, la Chine, s’efforcent à leur tour de planter des caféiers et d’en développer la production.

Le développement de la consommation du café est une histoire pleine de rebondissements; de faits d’armes parfois mais surtout de passions partagées pour le divin breuvage.

Le café médicinal d’Avicenne (XI ème siècle)

Au XI è siècle, le grand médecin iranien Avicenne décrit les effets du café sur le système digestif et sur le système cardiovasculaire dans deux de ses ouvrages « Le Canon de la Médecine » et la « Philosophie Illuminative ». Avant d’y prendre goût, et plaisir, les Musulmans, en effet, utilisèrent le café comme médicament.

Le chemin de la Mecque mène en Turquie (XVI ème siècle)

Mufti d’Aden répandit les vertus du café de la Perse à la Mecque. Le café prit son essor en raison du nombre de pèlerins qui, chaque année, se rendaient à la ville sainte. Il connut ainsi un succès énorme à Istanbul où deux commerçants syriens ouvrirent dès 1555 le premier débit de café.
Quelques années plus tard, la ville du Bosphore en comptait plus de 500 !
Le café devint ainsi la boisson nationale turque. Indispensable à tel point que pour un mari, de ne pas fournir sa dose quotidienne de café à sa femme, constituait un motif de divorce !
Quant au grand Vizir, jamais il ne recevait un ambassadeur sans lui servir un café …
C’est ensuite l’armée de Soliman le Magnifique qui au cours de ses campagnes victorieuses fit connaître le café des Balkans à l’Espagne, de l’Europe Centrale à l’Afrique du Nord.

LE PORT DE VENISE et l’ouverture du «Florian» (1615/1644)

A travers les écrits d’un médecin italien, fou de plantes, mais aussi de Pietro della Valle, écrivain voyageur fasciné par l’Orient et ses charmes, la curiosité du public italien pour le breuvage s’attise…
En 1615, un premier lot de café arrive à Venise, devenu plaque tournante du commerce. Avec le temps, d’autres grands ports dont Londres et Amsterdam, concurrencent la cité phocéenne ; parallèlement, la provenance du café se diversifie.
En 1720, le café « Florian » ouvre à Venise, place Saint-Marc. Casanova, Proust, Madame de Staël et Musset en deviennent les piliers.. Trois siècles plus tard, le «Florian» demeure une incontournable institution!

Le café du grand Turc Soliman Agha (1669)

En 1669, afin de renouveler l’alliance politique contre l’Autriche, le sultan de Turquie envoie un ambassadeur Soliman Agha, auprès du roi de France, Louis XIV. Il a pour mission d’employer les grands moyens pour éblouir le souverain français.
L’attente de l’audience dure 5 mois ! 5 mois au cours desquels, Soliman Agha fait découvrir à tous les nobles de la cour loukoums, sorbets et café !
Le chic désormais consiste à aller prendre le café chez « Le Grand Turc »… C’est ce snobisme de l’époque que Molière tourne en dérision à la fin du « Bourgeois Gentilhomme » avec la cérémonie du Mamamouchi. Lorsque le Roi reçut enfin l’ambassadeur, on dit qu’il ne fût pas conquis par le café auquel il préférait le chocolat des Amériques…

Un café à Paris : « Le Procope » (1686)

En 1686, Francesco Procoppio dei Coltelli, ouvre un débit de café près de l’Odéon, à Paris ; un établissement propre et luxueux avec miroirs et tables en marbre dont le succès est immédiat et qui existe toujours au 13 rue de l’Ancienne Comédie.
Comme dans l’Europe entière, la consommation gagna les foyers et devint à la mode

Le café Procope à Paris.

Le café de Kolschitzky et ses viennoiseries : « Zur Blauen Flasche » (1683/1684)

L’histoire de la «Bouteille Bleue» mérite d’être contée ; on en connaît encore aujourd’hui les retombées… En 1683, Vienne est pour le seconde fois la proie des Turcs. L’armée de secours de Charles de Lorraine n’est pas loin de la ville assiégée par Mustapha le Terrible mais impossible d’intervenir sans recevoir d’informations précises sur les positions turques…
Or les messagers du gouverneur autrichien sont tous interceptés ! Un jour, un jeune noble polonais, Franz Georg Kolschitzky, qui parle couramment turc pour avoir vécu en Turquie, propose au gouverneur de franchir les lignes ottomanes déguisé en … turc. Mission réussie : il contacte Charles de Lorraine et lui fournit toutes les informations requises.
C’est grâce à ce jeune homme intrépide que l’armée turque fut battue, quittant le front en abandonnant derrière elle canons, munitions et … 500 sacs de café !
Fêté, remercié, devenu Autrichien, Franz Georg Kolschitzky reçut ces sacs en récompense et de la part du gouvernement, l’autorisation d’ouvrir un débit de café.
Kolschitzky inventa alors le café viennois, en filtrant le breuvage qu’il connaissait d’Istanbul et en y ajoutant une cuillerée de miel et une de crème. Il mit des journaux à disposition et, cherchant toujours à aller plus loin pour satisfaire et fidéliser ses clients, il demanda à un ami pâtissier de lui inventer un gâteau en forme de croissant. L’emblème qui figurait sur le drapeau turc devint l’ancêtre de nos croissants !

Les cafés du Nord aux odeurs de tabac (XVII ème siècle)

Dans les Flandres et en Hollande, le café fut très vite associé au tabac d’où la naissance des «cafés bruns», bruns comme les murs noircis de fumée…
On y buvait un café noyé de lait, trempé d’une petite goutte d’alcool .
Le « Duif », le « Hotte », le « Falstaff »… Ces établissements devinrent des lieux de réunion, conviviaux et chaleureux où l’on se retrouvait pour discuter, travailler…

Le café au nouveau monde (de 1623 à nos jours)

En 1624, les Néerlandais achetèrent aux Indiens l’île de Manhattan pour… 24 $ ! Et l’appelèrent New Amsterdam.
S’ouvrit à King Army (l’actuel Broadway) la «Burns Coffeehouse» qui devint le siège des «Liberty Boys», association instigatrice de l’indépendance des États-Unis.
En 1664, l’île cédée aux Anglais fut rebaptisée New York. D’autres coffee houses ouvrirent. Le café, généralement léger, était entré dans les mœurs.
Depuis, sa consommation s’est développée. Dans les années 90, la consommation de café à connu un renouveau grâce à la chaîne Starbucks.